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Extrait de "Gymnase et Dressage" de M.Henriquet (Ecuyer fran�ais).
Les r�nes dites allemandes ou coulissantes.
Fix�es � la sangle, elles passent entre les ant�rieurs du cheval, coulissent dans les anneaux du filet, de l'int�rieur vers l'ext�rieur, pour venir doubler les r�nes de filet dans la main du cavalier. Moins stupides que la martingale parce qu'elles n'agissent presque plus lorsque la main du cavalier les l�che, elles n'en sont pas moins extr�mement contraignantes.Elles ne doivent �tre utilis�es que par des cavaliers tr�s adroits et dans des cas cliniques. Leur action doit �tre fugitive et presque toujours d'un c�t� � la fois, celui de la r�sistance et de la flexion recherch�e. Leur efficacit� d�pend de la rapidit� de la cession de la main qui reprend aussit�t le contact avec la r�ne du filet. Les effets prolong�s enferment les chevaux et les mettent d�finitivement en arri�re de la main.
Extrait de "Equitation" de W.M�seler (Ecuyer allemand).
L'emploi de la r�ne allemande peut pr�senter de graves inconv�nients puisqu'en tirant trop fort, on attire la bouche du cheval sur le poitrail. Pour se servir de cette r�ne, il faut un cavalier qui ait assez de tact pour reconna�tre le moment o� sa monture est bien dans les aides et qui, avant tout, sente que l'on peut alors pousser devant soi la bouche du cheval comme avec des r�nes rigides. La r�ne allemande entra�ne � effectuer le ramener avec la main seule, sans que le cheval soit pouss� d'arri�re en avant, c'est-�-dire sans rassembler.
L'emploi des r�nes allemandes est admissible � la condition que l'on s'en serve de temps en temps, mais en les soutenant constamment par des aides propulsives �nergiques. Il faudrait ne s'en servir qu'au cas de r�sistances localis�es dans l'encolure, la nuque ou les ganaches. La cession de la r�ne ext�rieure, soutenue par une l�g�re action de la main int�rieure, provoque la d�contraction du cheval.
L'action des r�nes allemandes doit toujours �tre unilat�rale. Un effet simultan� des deux r�nes comporte les risques �nonc�s plus haut. L'action d'une r�ne exige la passivit� ou la cession de l'autre. Les r�nes allemandes deviennent inutiles quand le cheval s'est d�contract� aux deux mains. Il est contraire aux principes du dressage classique d'utiliser de force cet enr�nement pour obtenir un ramener ou un placer forc�, d'autant plus qu'avec ce proc�d�, on arrive � br�ve �ch�ance � la r�tivit� du cheval. Si, au bout de quelques minutes, on n'a obtenu aucun r�sultat positif, il est inutile d'insister. Cela prouve g�n�ralement que l'on ne sait pas s'en servir. Il est prudent d'arr�ter l'exp�rience imm�diatement, parce que les difficult�s ne peuvent que s'aggraver.
Extrait de "Propos d'un vieil Ecuyer aux jeunes Ecuyers" de N.Oliveira (Ma�tre portugais).
Improprement appel�es � r�nes allemandes �, les r�nes coulissantes peuvent avoir des r�sultats b�n�fiques sur certains chevaux, si l'on n'abuse pas de leur emploi, si l'on ne laisse pas le cheval lutter contre elles et si l'on ne les utilise pas syst�matiquement tous les jours. Le plus grand tort qui soit, c'est d'agir et d'oublier de c�der quand le cheval a la position voulue. Celui-ci s'habitue alors � faire des forces contre les r�nes coulissantes et leur action renforce et d�veloppe � l'envers la musculature de la partie inf�rieure de l'encolure. Par contre, si l'on emploie ces r�nes de temps � autre sur les chevaux qui ont tendance � porter l'encolure trop haute ou � perdre leur placer dans les transitions d'allures, elles peu-vent �tre d'une grande aide dans le dressage � condition de les utiliser avec mesure et d�licatesse, sans oublier de c�der imm�diatement apr�s le r�sultat obtenu. L� encore, rien de syst�matique.
Elles peuvent �tre tr�s nuisibles sur certains chevaux et c'est au cavalier de juger de l'utilit� de leur emploi.
Elles ne doivent pas amener la t�te vers l'arri�re mais emp�cher la nuque de se lever. Dans le premier cas, elles creusent le dos, dans le deuxi�me cas, et si elles c�dent imm�diatement, elles emp�chent le dos de se creuser. Il ne faut pas oublier que les Anciens les utilisaient d�j� pour conserver la position du cheval avant qu'il ne soit confirm�. Ils les fixaient de pr�f�rence au cave�on. M�me plus tard, dans le dressage du cheval, elles peuvent �tre employ�es tr�s temporairement pour certains mouvements dans lesquels il co�te au cheval de garder son placer. Mais comme je l'ai d�j� dit, il ne faut s'en servir que bri�vement, avec la pr�occupation constante de c�der imm�diatement quand le r�sultat est obtenu. Les th�oriciens puristes qui ne sont pas capables de dresser n'importe quel cheval ont tendance � condamner leur emploi. Dans les mains d'un homme d�licat, un couteau peut couper la viande en fines tranches, dans les mains d'un rustre, il peut faire des d�g�ts...
Extrait de "L'Equitation" de A.Podhajsky (ancien directeur de l'�cole deVienne).
Un autre exp�dient, que l'on ne doit utiliser que tr�s prudemment, est constitu� par les r�nes coulissantes, telles qu'elles furent employ�es par le duc de Newcastle, consid�r� souvent comme leur inventeur. Mais le duc, ayant fait un usage assez violent de ces r�nes extr�mement s�v�res, avait d�j� perdu beaucoup de sa renomm�e parmi ses contemporains. Il faut donc insister particuli�rement sur le fait que ces r�nes - utilisables seulement lorsque le cheval est en filet - ne doivent �tre employ�es que par des cavaliers tr�s habiles, afin de maintenir plus facilement, au cours d'exercices difficiles, une attitude d�j� connue du cheval. Mais jamais elles ne doivent servir � l'obtenir par la force. Les r�nes coulissantes sont fix�es � la sangle par leur extr�mit� en forme d'anneau, puis elles sont pass�es dans les anneaux du filet, de dedans en dehors, avant d'arriver � la main du cavalier. En aucun cas il ne faut les passer de dehors en dedans; car si le cheval se mettait � pointer, elles ne pourraient pas glisser dans les anneaux assez rapidement et am�neraient, par suite, le cheval � se renverser. Lorsqu'il utilise ce moyen, le cavalier doit toujours penser que, par effet de levier, la tension des r�nes coulissantes se trouve doubl�e. Elles agissent d'autant plus s�v�rement que leurs extr�mit�s � la sangle, sont fix�es plus bas. En outre, le cavalier ne doit jamais oublier de faire agir en m�me temps les r�nes de filet, parce que celles-ci remplaceront, au bout de peu de temps, les r�nes coulissantes, dont l'action doit, progressivement, se faire sentir de moins en moins.