![]() | AUTOUR DU CHEVAL |
Le cheval a la perception comme il a la sensation, la comparaison et le souvenir.
Il a donc le jugement et la mémoire. Il a donc l'intelligence.
François BAUCHER
Centaures (mythologie), dans la
mythologie grecque, race d'êtres monstrueux, à moitié hommes, à moitié chevaux, qui, croyait-on, habitaient les régions montagneuses de Thessalie et d'Arcadie. Ils seraient nés de l'union d'Ixion et d'Héra. On les représentait habituellement sous l'aspect d'êtres humains de la tête jusqu'à la ceinture, tandis que la partie inférieure du corps était celle d'un cheval. Les Centaures étaient caractérisés par leur sauvagerie et leur violence!; on les disait adonnés à l'ivresse et à la luxure, et souvent on les représentait dans le cortège des adorateurs de Dionysos, le dieu du Vin. Les Centaures furent chassés de Thessalie pour avoir tenté, dans une frénésie d'ivresse, d'enlever l'épouse de Pirithoos, roi des Lapithes, lors même du festin de mariage. La bataille entre les Centaures et les Lapithes a fourni à la sculpture un très beau sujet, symbolisant la lutte entre la sauvagerie et la civilisation. Il existait pourtant deux notables exceptions parmi ces créatures bestiales : c'étaient les Centaures Pholos, ami d'Heraclès, et surtout Chiron, célèbre pour sa bonté, son savoir et sa sagesse. Il fit l'éducation de plusieurs héros grecs, parmi lesquels Achille et Jason.Pégase (mythologie), dans la
mythologie grecque, cheval ailé, fils de Poséidon, dieu de la Mer, et de la Gorgone Méduse. Pégase sortit du cou de Méduse, ou est né de son sang, lorsqu'elle fut tuée par le héros Persée. Peu après sa naissance, il frappa le sol du mont Hèlikon et fit surgir une source. Elle devint sacrée pour les Muses et une source d'inspiration poétique. Créature impossible à capturer, Bellérophon, prince de Corinthe, suivit les conseils d'un devin afin de dompter le cheval Pégase : il passa une nuit dans le temple de la déesse Athéna. Pendant qu'il dormait, la déesse lui apparut avec une bride en or et lui dit qu'elle lui permettrait d'attraper Pégase. Quand il se réveilla, Bellérophon trouva la bride en or et put ainsi capturer et dompter le cheval ailé. Pégase se révéla ensuite d'un grand secours pour Bellérophon, lorsqu'il affronta les Amazones et la Chimère. Mais Bellérophon fut perdu par son propre orgueil : alors qu'il cherchait à s'envoler vers l'Olympe pour se joindre aux dieux, le cheval le jeta à terre, laissant Bellérophon errer comme un malheureux et haï par les dieux. Pégase trouva refuge dans les stalles olympiennes et fut chargé par Zeus de lui apporter sa foudre et ses éclairs.Les Gorgones Sthéno et Euryalé étaient immortelles, seule Méduse était mortelle. Le héros
Persée se porta volontaire pour tuer Méduse et ramener sa tête. Aidé par Hermès et Athéna, Persée coupa la tête de Méduse. De son sang surgit le cheval ailé Pégase, fils qu'elle avait eu avec Poséidon. Persée offrit à Athéna la tête de Méduse, qu'elle fixa alors sur son bouclierLicorne, animal fabuleux, d'un blanc éclatant, ayant la tête et les jambes d'un
cheval et une longue corne au milieu du front. Symbole de la sainteté et de la chasteté, la licorne est présente dans un grand nombre de tapisseries du Moyen Âge (la Dame à la Licorne, fin du XVe siècle, musée de Cluny). Elle est très fréquente dans les armoiries héraldiques.Chevalerie, ordre des chevaliers et, en particulier, le code de conduite chevaleresque du soldat monté, ou
chevalier, en vigueur au Moyen Âge. D'origines diverses, ce code de conduite s'unifia au XIIe siècle, rayonna au XIIIe siècle, déclina aux XIVe et XVe siècles et connut un certain regain dans l'idée du gentilhomme de la Renaissance au XVIe siècle.Origines de la chevalerie
Les guerriers germaniques qui envahirent l'Europe au début du Moyen Âge se battaient à pied, mais entre 700 et l'an 1000 des forces de cavalerie furent créées pour lutter contre les invasions des Sarrasins, des Vikings et des Magyars. Au XI
e siècle, l'aristocratie des pays situés entre la Loire et le Rhin adopta généralement le déplacement à cheval et la tactique de combat qui en découlait en même temps que le fief et la vassalité, ou féodalité. Au XIIe siècle, donc, le terme français de "!chevalier!" (ou "!cavalier!") prit une connotation honorifique, et le mot anglais knight (dérivé du mot anglo-saxon cnight, signifiant "!serviteur!") évolua dans le même sens. L'éthique et les idéaux de la chevalerie acquirent une mystique qui mêlait les qualités aristocratiques, les vertus chrétiennes et l'amour courtois. Le parfait chevalier devait être un homme preux, loyal et généreux à l'image des héros de la poésie épique. Aux yeux de l'Église, il devait mettre son épée au service du pauvre et du nécessiteux, et il lui incombait de prendre part aux croisades en Terre sainte. L'idée qu'un chevalier devait servir une noble dame (souvent promise ou mariée à un autre) qu'il aimait passionnément, mais sans espoir, vint de la partie occitane de la France. Les romans français et les chansons de geste déclamées par les troubadours et les trouvères reflètent cette éthique chevaleresque.La formation d'un chevalier
La chevalerie atteignit son apogée au XIII
e siècle, elle se répandit dans toute l'Europe jusqu'en Terre sainte et devint une figure familière de la littérature populaire. Comme n'importe quelle autre profession, celle de chevalier passait par un apprentissage. Vers l'âge de sept ans, le garçon était envoyé vivre dans l'entourage d'un chevalier!; il lui servait de page jusqu'à, grosso modo, la puberté, alors il devenait écuyer et accompagnait son maître au combat tout en apprenant l'art militaire. Au XIIe siècle, il était chevalier lorsque sa maîtrise des armes était reconnue par un autre chevalier, qui lui donnait un rude coup de poing ou du plat de l'épée et l'appelait "!sire chevalier!". Au XIIIe siècle, le titre de chevalier était attribué au cours d'un cérémonial fastueux. L'Église demandait à l'écuyer de dédier son armure sur un autel, de veiller sur elle toute la nuit en priant et en jeûnant, et de prendre un bain rituel avant de la revêtir. Il devait alors se présenter pour être adoubé (investi du droit de porter les armes) par un grand prince, après quoi se déroulaient un tournoi et un festin.Les
tournois, qui au XIIe siècle étaient des imitations de batailles où l'on versait le sang, étaient devenus au XIIIe siècle des joutes soigneusement préparées, souvent même avec des armes mouchées, et avaient lieu devant un parterre de nobles dames, dont les faveurs étaient recherchées par leurs champions. Étant donné que le nouveau chevalier devait non seulement acquérir sa propre armure et son cheval de guerre mais également payer cette cérémonie coûteuse, de moins en moins nombreux furent ceux qui souhaitèrent le devenir. Les troupes de cavalerie ne furent bientôt plus composées que d'hommes d'armes professionnels qui n'étaient pas chevaliers, et les propriétaires fonciers se satisfirent de porter des armes d'écuyers.Transmission des idéaux chevaleresques
À la fin du Moyen Âge, la chevalerie devint de plus en plus aristocratique et exclusive. Au XIV
e siècle furent créés des ordres de chevalerie tels l'ordre de l'Étoile en France, de la Jarretière en Angleterre et de la Toison d'or en Bourgogne. Le titre de chevalier, comme celui de baron, comte ou duc, devint héréditaire, ce qui limita le nombre de ceux qui pouvaient y prétendre. Cependant, ces quelques privilégiés étant des gens puissants et influents, les principes et les idéaux de la chevalerie continuèrent toutefois à exercer un vif attrait. La Vita nuova ("!La nouvelle vie!", v. 1293), de Dante, montre comment les idées de l'amour courtois étaient reprises par les bourgeois patriciens de Florence!; dans le Courtisan (1528), de Baldassare Castiglione, c'est l'adoption de nombreux idéaux chevaleresques par l'honnête homme de la Renaissance qui est mis en évidence. La traduction par William Caxton du Livre de la chevalerie écrit par Raymond Lulle au XIIIe siècle témoigne de la popularité dont elle jouissait encore à la fin du XVe siècle.Au XVI
e siècle, lorsque l'écrivain espagnol Cervantès se moquait du chevalier errant dans son roman Don Quichotte (1605, 1615), la chevalerie était déjà sur le déclin!; elle connut brièvement une seconde vie au XIXe siècle avec le mouvement romantique, exalté par sir Walter Scott et Alexandre Dumas père. Le titre de chevalier continue d'être conféré par certains souverains européens.